Des nouvelles de l’église de Sarrance, bonnes et mauvaises
« Chers amis et proches,
Quelques nouvelles du monastère de Sarrance.
Une bonne nouvelle, d’abord.
Après deux ans et demi de démarches pour monter les dossiers (les subventions, le cabinet d’architecte, les appels d’offre, les entreprises trouvées etc.) nous allons enfin voir arriver les échafaudages du cloître dans la semaine qui débute le 26 Juillet !
Un échafaudage va être monté à l’intérieur du cloître, un autre à l’extérieur et un grand toit recouvrira l’ensemble de la structure.
On a un peu d’appréhension de vivre dans une « zone de travaux » (interdite au public), ce sera peu commode pour la vie quotidienne de la communauté, mais au moins, il ne nous pleuvra pas dessus, comme les quatre années passées, et on aura bientôt un toit tout neuf.
Chantier de seize mois ! Ca nous donne du courage : nous avons beaucoup travaillé cette semaine aux préparatifs, réorganisant la maison, le magasin monastique, l’accueil des Pèlerins, l’hôtellerie. L’espace accessible se réduit, mais toute l’activité continue.
Une autre bonne nouvelle.
C’est que nous avons reçu le « Grand Prix Artémis Patrimoine » de la prestigieuse Fondation Mérimée. C’est à la fois un encouragement financier important et un signe national d’intérêt pour notre joli cloître du XVIIe siècle. Peut-être d’autres Prix suivront dans l’année.
Une mauvaise nouvelle.
Cependant. Imprévue ! Nous sommes obligés de quitter l’église, car la mairie, suite à un rapport d’une commission spécialisée, a pris un arrêté pour fermer l’église au public le temps de remettre aux normes l’électricité.
Communauté et fidèles étaient en grand danger, semble-t-il ! Nous sommes un peu sous le choc, car la chose n’avait pas vraiment l’air de déranger personne ces dernières années, et la décision, prise en 48h, avec une fermeture un peu brusque, au petit matin a été ressentie douloureusement par les frères ! C’est ainsi, mais la chose s’imposait !
La municipalité a découvert aussi que le clocher de notre église menace ruine : travaux d’urgence en ce moment !
Et les cloches se sont tues aussitôt : leur silence est poignant !
Le plus triste, évidemment, c’est de laisser Notre-Dame toute seule dans son petit sanctuaire, vidé de sa communauté et de ses fidèles.
Cela nous rappelle les mauvais souvenirs du Covid. Il a fallu, en plein été, quand la maison est pleine d’hôtes, de pèlerins de Saint-Jacques, de troupes scoutes, et improviser un oratoire dans la salle Saint-Augustin du cloître, où nous nous entassons pour continuer la prière.
On ne baisse pas les bras, on relativise (quand on voit les incendies de Gironde…) et on espère que les travaux d’électricité d’urgence de l’église vont se faire rapidement !
On a besoin de votre amitié et de votre prière pour passer ce cap.
La petite communauté, venue de Normandie dans cette belle vallée d’Aspe, croit à sa mission et à ce qu’elle peut apporter. Vous y croyez aussi, et vos témoignages de soutien nous font du bien, un grand merci.
D’autres nouvelles bientôt, toutes bonnes nous l’espérons.
Fr. Paul-Emmanuel, prieur. »